Témoignages de néophytes

Lors de la veillée de Pentecôte, trois personnes ont partagé leur témoignage : deux nouveaux baptisés ainsi que Thierry, qui a été baptisé l’année dernière. Découvrez leurs témoignages ci-dessous

THIERRY

Chers amis,

— Revenant de l’étranger, nous sommes arrivés à Vincennes, il y a de nombreuses années
maintenant. Nous n’avions repris aucun de nos engagements spirituels. Ma chère épouse,
elle, était très impliquée et active dans plusieurs mouvements et associations pour la petite
enfance, et moi, je travaillais encore. Et puis, un jour, certainement inspirée par l’Esprit,
Brigitte a trouvé que je m’encroûtais et que je devrais bien faire quelque chose dans la
paroisse pour animer un peu notre foi.
C’était au temps où notre curé était le bon Père Gérard Béra. Béni soit-il.

Ai-je été appelé ? Ou ai-je été poussé ? Je ne sais, mais c’est ainsi que je suis devenu
Lecteur à Notre-Dame de Vincennes. Bénie aussi soit mon épouse !

— Au début, j’ai surtout essayé de m’intégrer dans le groupe constitué d’une quinzaine de
Lecteurs en participant aux réunions trimestrielles, à l’organisation du groupe, à
l’établissement du tour de service avec des tableaux de prévision de lecture sur 2 ou 3 mois.
Puis j’ai ressenti le besoin impérieux de mieux comprendre ce que nous faisions et de le
partager. J’ai suivi alors une formation avec l’équipe et aussi avec les Lecteurs de Saint-Louis
et de Saint-Mandé, avec l’aide du diocèse. Ce fut, pour l’équipe, une période qui nous a
beaucoup rapprochés les uns des autres.

— La fréquentation régulière de la Bible pour préparer les textes que j’avais à proclamer le
dimanche m’a peu à peu rendu la Parole plus familière mais aussi plus exigeante et présente
dans ma vie même quotidienne.
Prêter ma voix à mon Dieu ;
Rechercher dans les textes, et parfois découvrir, ce que Dieu veut me dire de Lui mais
aussi de moi et partager cela avec l’Assemblée ;
Me préparer avec le profond souci que les membres de l’Assemblée qui entendent ma
voix, là devant moi, soient vraiment à l’écoute de ce que Dieu veut dire à chacun ;
Et même après tant d’années, quand je monte à l’ambon et me tiens debout devant le
Lectionnaire, savoir que de ma proclamation dépend la préparation de cœur de chacun à
vivre l’Eucharistie et à la communion au Corps du Christ vivant, me remue toujours
profondément. Alors je me prends à aimer cette Assemblée qui attend là devant moi.

Comment ne pas être transformé par tout ce travail intérieur ?

— Oui, être Lecteur change ma vie, ma prière, mon regard sur les autres ;
Être Lecteur ancre ma foi dans le projet d’amour de Dieu pour l’homme et pour moi ;
Être Lecteur élargit et approfondit ma manière d’aimer ;
Être Lecteur donne un sens à ce que je peux apporter aux autres.

Être Lecteur soutient les trois orientations de ma vie : « Croire, Aimer et Servir ».
Et cela, il me faut le partager.

MIKAËL

Chers Frères et Sœurs,

Parler de conversion évoque la simplicité et la beauté de la Genèse.

Il y eut un soir, il y eu un matin. Un avant et un après.

Je m’appelle Mikaël, jeune néophyte. J’ai eu la grâce d’être baptisé à Pâques 2025. Que de joies ! Mes débuts dans la foi n’ont pas été simples. Mon père, athée militant, s’est toujours opposé aux religions. Il n’en permettait ni la pratique ni l’évocation. Je n’ai pas été baptisé enfant. Cependant, ma mère, fervente croyante, m’a transmis en secret les bases du catéchisme, sa foi immense et son amour de Dieu. Fils d’ombre et de lumière.

Un processus plus ou moins long se déroule avant de pousser la porte de la sacristie ou d’aborder un prêtre. Il répond à un appel personnel de Dieu, parlant cœur à cœur du plus profond de l’âme, appel à le chercher, le connaitre et l’aimer. Ombre et lumière. L’un précède l’autre, toujours dans cet ordre.

Mon parcours vers le baptême a été une période de recherche de moi-même, de sens, de valeur personnelle et de Dieu, tel un aveugle cherchant la lumière.

Le catéchuménat a été une grâce. La providence m’a donné une accompagnatrice de qualité qui m’a dispensé un enseignement riche. J’ai découvert les rites et la doctrine de l’Église, aussi une communauté, confrères et consœurs catéchumènes et néophytes avec des histoires belles et fascinantes. Je me suis fait des amis chrétiens pratiquants avec qui j’ai évolué, échangé et prié. J’ai commencé à voir et comprendre les signes et les personnes que le Seigneur mettait sur mon chemin. Un parrain, une marraine et bien d’autres.

Le baptême, la confirmation et la première communion ont été des grâces illuminant ma vie aujourd’hui, au-delà de la joie intense du moment.

Ma pratique s’est renforcée et le désir de comprendre, d’aller plus loin et de questionner les textes, les rites, forme le creuset de qui je suis aujourd’hui. Je suis passé d’une pratique intimiste de la religion à une autre au grand jour et en communauté.

Parfois, il m’arrive d’être rattrapé par le doute, des moments difficiles de la vie. Dans l’obscurité, la prière, la Parole de Dieu, la foi et la communauté ont été des grâces rayonnant d’un amour agapè permettant de traverser ces épreuves.

J’ai mis Dieu au centre de ma vie. Mon regard a changé. Je cherche à percevoir ce qui est divin dans ce qui m’entoure, à avoir une lecture chrétienne des événements. Les grâces surabondantes touchent tous les domaines de ma vie, de petits actes au quotidien et des miracles plus importants. Je rends grâce au Seigneur notre Dieu.

NICOLAS

Aujourd’hui, en cette veillée de Pentecôte, je vais vous faire part de la présence de l’Esprit Saint dans mon parcours qui m’a mené vers le catéchuménat et le baptême que nous venons de vivre le mois dernier, à la Vigile Pascale.

La notion d’Esprit Saint n’était pas facile à appréhender pour moi au début de mon parcours de catéchumène ; mais à présent, je pense qu’il a toujours été là. C’est cette force qui nous pousse à croire et à agir dans le bien. Avec lui, on se sent accompagné et fort pour traverser les épreuves de la vie.

Je crois qu’il m’accompagnait depuis longtemps, sans que je puisse le nommer car je n’en avais pas la connaissance.

En 2024, j’ai demandé le baptême suite à un problème de santé détecté chez mon fils, dans le ventre de sa mère à 8 mois de grossesse. De cet événement, j’ai tout de suite ressenti une présence qui s’est imposée à moi et m’a accompagnée. Cette force qui est l’Esprit Saint, je le pense maintenant, est venue naturellement à l’annonce de ce problème de santé. Je me suis mis à prier dans mon coin, à venir à l’église déposer un cierge et prier sainte Rita. L’Esprit Saint m’a aidé dans ce moment difficile et m’a permis de relativiser, d’être lucide et d’avoir de l’espoir.

En définitive, mon fils est en parfaite santé ; son problème n’aura aucune incidence sur son développement. C’est à partir de cet événement que je me suis promis de me faire baptiser et de faire baptiser mes enfants.

J’ai peut-être eu besoin de ce moment difficile dans mon parcours de vie, mais aujourd’hui je crois en Dieu, en Jésus le Christ et en l’Esprit Saint.