Homélie de la Confirmation des jeunes par le Père Stéphane Aulard – Dimanche 22 mai 2022

Chers jeunes,
Chers parents, parrains et marraines,
Chers amis,

Nous avons eu l’occasion de nous rencontrer. Mgr Blanchet a bien reçu vos lettres et y a répondu. Il me les a transmises et, en parcourant ce que vous écrivez, je me suis dit : « Pas de doute ces jeunes ont réfléchi et prié. Ils se sont laissé instruire et sont disposés à recevoir le sacrement de confirmation. Ils sont sincères et disponibles. Merci pour cela.« 

Je note aussi que vous êtes différents. Certains sont issus de familles chrétiennes engagées. La prière, le partage de l’Evangile, les projets de service des autres vous sont familiers. D’autres ont reçu le baptême beaucoup plus récemment. Votre aumônerie est un lieu d’accueil et d’échange que vous appréciez. Vous avez de la reconnaissance pour ce que vos animateurs vous aident à découvrir. Vous y reconnaissez un véritable partage fraternel qui vous enrichit.

Je vous cite :
« Je pense que je suis prête à redire à Dieu ‘oui’ à mon baptême : je le confirme. »
« Je me sentais perdue. Je peux presque dire que Dieu m’a sauvée. Lors de ma confirmation j’aimerais ressentir que Dieu est avec moi. »
Certains d’entre vous ont une « foi tranquille » si je puis m’exprimer ainsi. D’autres ont déjà connu les difficultés de la vie. Beaucoup d’entre vous se posent des questions sur le « sens de la vie », la présence active de Dieu à la vie des hommes.

Tous vous touchez du doigt ce que la foi chrétienne peut réaliser en vous en vous y arrimant, en la célébrant, en en témoignant auprès des autres. C’est pourquoi je vous cite encore :
« Je veux être relié à Dieu pour qu’Il reste avec moi jusqu’à la fin de ma vie. »
« Avoir conscience que Dieu est présent dans ma vie me rend le quotidien facile. »

J’aimerais maintenant éclairer le sens de votre démarche d’aujourd’hui et aussi préciser ce qu’est votre confirmation devant tous ceux qui vous entourent. Je le fais en m’appuyant simplement sur les textes bibliques entendus à l’instant : la Parole de Dieu que nous venons d’écouter et qui retentit partout dans le monde en ce dimanche dans les assemblées chrétiennes qui célèbrent l’eucharistie.

L’Evangile (Jean 14,23-29) : il faut toujours commencer par lui. C’est notre cœur. Dans ce chapitre 14 de Saint Jean Jésus fait ses confidences à ses apôtres qui les ont recueillies. C’est un trésor parvenu jusqu’à nous. Dans ce Cénacle où se trouvent -selon Saint Jean- les apôtres avec Jésus qui vient de leur laver les pieds et où -selon les autres évangiles- le Maître a aussi institué l’eucharistie Jésus qui va entrer dans quelques heures dans sa Passion qui le conduira à la croix instruit longuement ses apôtres. Il leur fait part de la relation intime qui le relie à son Père et il leur promet la venue du Saint-Esprit.
L’Esprit Saint viendra car il a partie liée à cette relation unique d’amour entre le Père et le Fils comme un trait d’union sacrée. Mais il a partie liée aussi aux disciples de Jésus qui vont bientôt constituer l’Eglise « en sortie » comme aime à le dire le pape François.

Que faisons-nous ici ce matin ?

Nous sommes dans le Cénacle là où se célèbre chaque jour l’eucharistie avec les disciples de Jésus. Nous entendons le Christ nous promettre, comme aux apôtres, l’Esprit Saint que nous célébrons et accueillons en plénitude précisément dans le sacrement de confirmation. L’Esprit Saint grave en nos mémoires, en nos cœurs, en nos intelligences la parole du Christ, le Christ Parole lui-même. L’Esprit Saint vient nous transmettre la paix profonde et la joie du Christ qu’Il nous a promis. Or, frères et sœurs, la paix et la joie comme l’amour du Père et du Fils c’est précisément, selon l’apôtre Saint Paul (cf. Galates 5,22) les trois premiers fruits de l’Esprit.

Nous avons tous besoin de venir et revenir au Cénacle régulièrement pour partager l’eucharistie, pour contempler le Christ, nous nourrir de sa Parole, vivre en frères et sœurs la proximité dans nos assemblées. C’est cela qui nous donne le désir de nous lancer à la rencontre des frères et sœurs qui ne sont pas là car nous sommes renforcés et nous n’avons plus peur !

La confirmation, selon l’étymologie de ce mot, est précisément la force de Dieu, Dieu fort en nous, Dieu qui nous conforte et nous réconforte. Cette force comme le conseil ou la sagesse après tout ne sont-ils pas des dons de l’Esprit ? Alors, accueillez cette force du Seigneur !

Je termine avec ce que nous rapporte la première lecture (Actes des Apôtres 15,1-2.22-29). Alors que l’Evangile nous menait au Cénacle dans l’intimité avec le Christ si nécessaire le livre des Actes des Apôtres nous décrit une Eglise en sortie avec Paul et Barnabé partis loin de Jérusalem -le point d’ancrage de l’Eglise naissante- : les voilà en Syrie à Antioche avec des païens qui font l’expérience de l’Esprit Saint que l’on croyait réservé au peuple de la première Alliance, les Juifs. D’où une discussion intense, un retour à Jérusalem en urgence, des échanges et de la prière puis une décision : entrer dans la liberté de l’Esprit Saint qui transforme et ouvre l’Eglise tout en n’oubliant pas d’où l’on vient.

Il y a dans cette expérience de la première Eglise quelque chose d’éclairant : il faut aller à la rencontre sans crainte. Il faut se déplacer et expérimenter l’Esprit Saint qui n’est pas cantonné. Alors chers confirmands : soyez de votre temps et laissez passer l’Esprit Saint. Accueillez-le chez celles et ceux qui, comme vous, ne manquent ni de générosité ni de créativité. Et gardez toujours ce beau lien avec votre Eglise qui vous a engendrés à la foi de bien des manières. Je cite encore l’un d’entre vous :

« Ce n’est pas tant la confirmation qui m’attire mais l’après. Ce qu’elle va m’apporter et comment redistribuer cet Esprit Saint que je recevrai de nouveau. »

Entrons maintenant dans cet accueil de l’Esprit Saint qui a partie liée avec l’Eglise et entrons dans l’audace de l’Esprit Saint ! Amen.

Père Stéphane AULARD