Quatrième dimanche de Pâques – C 11 mai 2025
Jean 10, 27-30
En ce temps-là, Jésus déclara : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN. »
Chers Frères et Sœurs,
Mes brebis écoutent ma voix (…) et elles me suivent, nous dit aujourd’hui Jésus. Si nous sommes rassemblés ici, ce matin, quand nos contemporains profitent du repos dominical restant chez eux, au calme ou endormis, c’est qu’un jour, nous aussi, nous avons entendu cette voix, présence intime et singulière ; et la parole qu’il nous adressait. Nous l’avons prise au sérieux pour nous mettre en route et le suivre. Venant ici ce matin, c’est à la voix du Seigneur que nous nous sommes mis à l’écoute, la reconnaissant tel un fœtus, la voix de sa mère.
Disons-le, dans notre vie de foi avec le Seigneur, tout commence avec l’écoute. Déjà, dans l’ancienne Alliance, le peuple élu avait entendu le Chema Israël (Dt 6,4), Ecoute Israël! lancé par Moïse au peuple hébreu. Cette parole l’avait mis en route et il avait marché quarante ans en un désert aride. Parole si importante qu’aujourd’hui encore, les juifs observants la prononcent plusieurs fois par jour.
De nos jours, de nombreux agnostiques fondent leur absence de foi en constatant qu’ils n’ont jamais vu Dieu. Certes, ni les incroyants ni les croyants n’ont vu Dieu. Nous ne l’avons jamais vu. Pour le connaître, il ne s’agit pas de le voir, mais d’abord de l’écouter. Tu n’as pas vu Dieu ? Alors écoute-le. En l’écoutant, tu découvriras qu’il te connaît et te mène, telle une brebis, sur les prés d’herbe fraîche où tu trouveras enfin le véritable repos.
Nos contemporains veulent voir, car la vision immédiate semble donner un gage de certitude. Certitude de l’espace où nous nous trouvons avec ce que nous y voyons. En revanche, en prenant le temps de l’écoute, nous délaissons l’apparente évidence de la vision pour pénétrer la durée. Durée parfois longue et toujours patiente de l’écoute.
Voilà ce qu’exprimait feu le pape François dans La Joie de l’Evangile, sa première exhortation apostolique, quand il disait que le temps est supérieur à l’espace. Nous nous perdons dans les espaces infinis de nos imaginations, dont nous cherchons d’un insatiable désir à toujours repousser les limites, en oubliant que seul le temps nous construit, surtout quand nous l’employons à écouter. Plus encore, à écouter la voix du Seigneur.
Mes brebis écoutent ma voix, dit le Seigneur. Écoutons cette voix. Nous entendrons et comprendrons jusqu’à quelle profondeur de notre cœur cette voix nous connaît, d’une connaissance si intime qu’elle nous fera irrésistiblement nous mettre en route à sa suite. Ecoutons-la pour reconnaître jusqu’où nous sommes connus et aimés. Alors, qui que nous soyons, quelles que soient nos entraves, nous suivrons Jésus sur ce chemin de joie, au-delà de toute épreuve ; épreuves que nous traverserons, tels les ravins de la mort, parce que cette promesse crédible d’une irrémissible joie viendra ruiner ces épreuves. Cette joie porte un nom, c’est la vie éternelle, vie donnée à ceux qui écoutent et suivent la voix du Seigneur.
Déjà le pape Léon invite chacun à témoigner de la foi joyeuse en Jésus Sauveur, et à disparaître pour que le Christ demeure, se faire petit pour qu’Il soit connu et glorifié, se dépenser jusqu’au bout pour que personne ne manque l’occasion de Le connaître et de L’aimer
Frères et Sœurs, quand sur la route, nous croisons un ami, un parent qui nous dit : Je ne crois pas en Dieu car je ne l’ai jamais vu, demandons-lui : Tu ne l’as jamais vu, l’as-tu écouté ? L’écoutes-tu ? As-tu fui ces grands espaces où tu imaginais le trouver dans une vision immédiate, pour demeurer dans le temps de l’écoute où sa voix se laisse entendre ; voix si douce qu’irrésistiblement tu la suivras ?
Notre vie de croyant ne se cristalliserait-elle pas en une question : Que me dit la voix du Seigneur ? Dans le silence de notre cœur, demandons-Lui : Qu’y a-t-il, Seigneur, que tu attendes de moi aujourd’hui ? Qui me donnera cette invincible joie ? Par le Seigneur, parle, ton serviteur, ta servante écoute (silence).
Frères et Sœurs, nous aussi, brebis du Seigneur, quittons nos enclos bornés, écoutons sa voix. L’écoutant, nous l’entendrons. L’entendant, nous le suivrons. Ne te lasse jamais de l’écouter. Il est la source de ta joie.
Aussitôt il fera jaillir en toi la vraie vie, la vie éternelle. Et cette invincible confiance surmontant les forces de la mort. Tu habiteras la main du Seigneur. Rien ni personne ne pourra t’en arracher.
Jésus le dit : Mon Père est plus grand que tout, et Jésus et le Père, c’est tout UN.
Amen, Alléluia !
Père Marc.