Béatification 13 décembre 2025 à Notre Dame de Paris

Béatification le 13 décembre 2025 à Notre-Dame de Paris.

50 martyrs français de la seconde guerre mondiale seront béatifiés le samedi 13 décembre en la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Il s’agit d’un groupe de prêtres, religieux, séminaristes et fidèles laïcs assassinés en haine de la foi sous le régime nazi entre 1944 et 1945.

Ce groupe est composé de 14 prêtres (dont 5 religieux), 3 séminaristes et 33 laïcs (19 membres de la jeunesse ouvrière chrétienne et 14 membres de Scouts de France), morts dans différents camps de concentration.

Témoignage de Jean-Loup Cendrier, son neveu
1er novembre 2025 – Notre-Dame de Vincennes

Gérard Cendrier est né le 16 juin 1920. Il s’est fait remarquer très jeune par une vitalité certaine. Et puis Gérard a rencontré le scoutisme où il a reçu le totem de pélican sentencieux.  Sa famille avait des problèmes ? Gérard a entrepris de l’oxygéner en lui apprenant des chants scouts, en lui faisant découvrir le camping, en s’intéressant à la foi de chacun de 3 ans à 99 ans, jusqu’aux limites de l’indiscrétion et même au-delà.

A l’été 1939, Gérard annonce sa décision de devenir franciscain. Dans une lettre à Papa, Gérard écrit : « Notre vie spirituelle n’est pas distincte de notre vie tout court, elle est inséparable de celle des autres, nous ne pouvons être indifférents à la destinée d’aucun homme. » Par la suite, il a été question de STO, Service du Travail Obligatoire : comme son nom l’indique, ce n’était pas une question de libre choix. De plus, on a dit aux jeunes franciscains que les jeunes de leur âge avaient besoin d’eux au plan spirituel. Ils sont arrivés à 12 à Cologne. Pour l’Action Catholique, tout était verbotten. Alors Gérard est allé trouver le responsable de Vichy, et s’est fait nommer délégué de l’Entraide : cela lui a ouvert des portes qui lui ont permis de lancer une Aumônerie des hôpitaux, verbotten aussi, mais nommée autrement et sponsorisée par le représentant de Vichy anticlérical et collaborateur. Pour correspondre au titre officiel de Gérard, il faisait aussi un peu d’assistance sociale. Ils étaient trois franciscains sur l’affaire et une soixantaine de jocistes et de scouts, et parvenaient à couvrir l’ensemble des établissements hospitaliers de Cologne pour la plus grande joie du personnel de Vichy.
Et puis il y a eu le débarquement en Normandie, la Gestapo s’est énervée, et les 13 et 14 juillet, elle a arrêté tous les jeunes de l’Action Catholique et les prêtres qui les accompagnaient. Les voilà inculpés de résistance spirituelle. Pour les policiers de la Gestapo, résistance, ils voyaient bien ce que c’était, spirituelle, déjà moins bien. Ils ont donc passé à tabac leurs prisonniers et les ont envoyés à Buchenwald : la fonction de ce camp était de fournir en main d’œuvre différents camps de travail. Le 13 novembre, Gérard et deux autres franciscains sont envoyés en convoi avec d’autres vers Langenstein. On y creusait la montagne du Hartz pour y construire une usine d’aviation à l’abri des bombardements. Le camp employait 4000 déportés, mais les conditions de travail et de vie étaient telles qu’il y avait 30 à 40 décès par jour, 1000 par mois : il fallait sans cesse de nouveaux convois pour que le chantier continue.
Les SS méprisaient, frappaient et insultaient les prisonniers : pas étonnant si ceux-ci maudissaient ceux qui leur faisaient subir çà… Mais Gérard leur disait : « Vous avez tort, il ne faut pas les maudire, il faut les aimer. Ce sont des malheureux. Il faut accepter nos souffrances et les offrir pour eux, en les unissant à celles du Christ en Croix. » Il ne se contentait pas d’être sentencieux. Il a fortement inquiété les Prêtres de son groupe en étant également pélican Il était toujours prêt à donner son pain à un déporté épuisé, ou à l’aider à manœuvrer son wagonnet plein de morceaux de rocher. Ses compagnons prêtres lui ont dit : « Ça ne va pas la tête ? Dans les conditions que nous vivons, ce que tu fais là est suicidaire. »
Et un jour, comme Joseph Paraire, Gérard a attrapé la dysenterie. Le 24 janvier, Gérard est si épuisé qu’il s’évanouit sur le chantier. À l’infirmerie, le médecin le renvoie à son baraquement situé en haut d’une pente pleine de neige et de verglas. En la gravissant, Gérard et ceux qui l’aident tombent plusieurs fois dans la neige. Au moment d’arriver, Gérard tombe encore une fois dans la neige, les bras en croix.

Témoignage de Geneviève Paraire, sa nièce
1er novembre 2025 – Notre-Dame de Vincennes

Joseph Paraire est le frère jumeau de mon père Étienne. Joseph est né le 2 décembre 1919, rue Monmory à Vincennes, dans une famille chrétienne et très pratiquante de 16 enfants. Marie, sœur et marraine de Joseph, sera religieuse des Augustines de l’Hôtel-Dieu. C’est une famille nombreuse méritante qui est récompensée en 1921 par le prix Cognacq-Jay. Ce prix les aide à acquérir un terrain rue Leroyer, où une maison est construite.

Aux décès prématurés des parents, ce sont les sœurs et le frère aînés qui ont la charge des plus jeunes. Joseph est scolarisé à l’école Saint-Joseph ; c’est un très bon élève. Grâce à une bourse, il va au lycée des Franc-Bourgeois . Il commence ensuite des études de droit.

Enfant très pieux, il participe à un mouvement d’Église appelé Croisade Eucharistique dont la devise est : Prier-Communier-Se sacrifier-Être apôtre. Sa vocation mûrit et en octobre 1938. Joseph entre au Collège des Franciscains à Fontenay-sous-Bois. L’été suivant, il n’a pas 20 ans, il prend l’habit et devient Frère Louis. Trois ans plus tard, il fait sa profession simple de franciscain à Champfleury, près de Poissy, où il est séminariste.

En septembre 1943, il est requis pour le Service du Travail Obligatoire. A la demande de ses supérieurs, Louis part à Cologne accompagné d’une dizaine de prêtres et de séminaristes avec une mission approuvée par la hiérarchie catholique : « C’est sur vous que repose l’organisation religieuse de nos compatriotes ». Des centaines de cellules d’Église se sont ainsi constituées, dans toute l’Allemagne, apportant une aide spirituelle : baptêmes, eucharistie, sacrements, soutien moral…

Mais à partir d’avril 1944 les religieux sont arrêtés pour action catholique puis par haine de l’évangile et apostolat étendu aux travailleurs du STO. Trois mois plus tard, Louis et ses compagnons sont arrêtés par la Gestapo, torturés et envoyés à Buchenwald. En avril 1945 les déportés sont tous regroupés dans un train appelé train de la mort pour Dachau. Ce train va errer dans l’Allemagne pendant 3 semaines, fuyant

l’avancée des soviétiques. Louis souffre de dysenterie, il est épuisé, il ne se plaint jamais, il fait l’admiration de tous, et il décède à Pocking le 26 avril, entouré de ses frères qui raconteront plus tard : « Après avoir communié, après avoir récité la prière des agonisants, la règle de notre ordre dans les mains, nous lui chantons « Loué sois-tu Seigneur pour notre sœur la mort corporelle… » Il avait 25 ans.

Dès 1945, Pie XII a qualifié ces prêtres et ces militants de l’Action Catholique de « martyrs morts en haine de la foi ».

Cette année encore, nous vous invitons à vivre un grand moment de fraternité et d’espérance à l’occasion de la fête « En chemin vers Noël », qui se déroulera

Le samedi 13 décembre 2025

à la Cathédrale Notre-Dame de Créteil et dans ses locaux.

Sous le thème : « Heureux les artisans de paix » (Mt 5,9)

Cette journée sera également vécue en communion avec la béatification des 50 martyrs, témoins de la foi jusqu’au don de leur vie dans les camps de concentration.

Au programme : temps de prière, ateliers, rencontres, partages, animations festives et célébration eucharistique — pour petits et grands, croyants de tous horizons, et tous ceux qui cherchent la paix.

Venez nombreux pour vivre ensemble ce temps fort de fraternité et d’espérance à l’approche de Noël !