Témoignages de catéchumènes
Ouverture du concile provincial Catéchuménat Néophytat
Camille
Bonjour à tous,
Je m’appelle Camille et j’ai eu la grâce de cheminer pendant environ 1 an et demi en tant que catéchumène dans notre paroisse à Notre-Dame-de-Vincennes. J’ai ainsi reçu les sacrements du baptême et de la confirmation lors de la Veillée Pascale en 2025 ; puis quelques mois plus tard, j’ai pu communier pour la première fois.
Alors qu’est-ce qui a bien pu me mener sur ce chemin ?
Pendant longtemps la foi est restée quelque chose de lointain pour moi. Mais je me suis toujours posé des questions, sans vraiment savoir où elles me mèneraient, ou même à qui vraiment les poser. Et pourtant, sur ce chemin, il y a eu une personne très importante : ma grand-mère. Elle comptait beaucoup pour moi. Par sa manière de vivre, par sa gentillesse infinie, par sa foi simple et discrète, elle a en quelque sorte pointé une direction mais sans jamais l’imposer. Elle ne m’a jamais forcée, jamais poussée. Elle a simplement été là. Et c’est peut-être elle qui a planté les premières graines, qui font de moi aujourd’hui une néophyte. Ce n’est que plusieurs années après son décès, malheureusement, que j’ai fait ce pas vers l’Eglise. Avec le recul, j’ai conscience que ce chemin avait finalement commencé bien avant que j’en sois consciente, grâce à elle.
Le catéchuménat a été pour moi un vrai chemin. J’y ai découvert la Parole de Dieu, mais aussi l’importance du temps, de l’écoute et du partage. J’ai compris que la foi ne se reçoit pas toute faite, mais qu’elle se construit petit à petit, avec des questions, et parfois même beaucoup ! J’ai aussi découvert une communauté : des personnes qui accompagnent et qui témoignent. Le catéchuménat m’a permis de prendre le temps de découvrir, de comprendre. C’est une merveilleuse aventure humaine pour découvrir et grandir en Christ. Je remercie d’ailleurs l’équipe, mon accompagnateur, Serge, et le Père Marc.
Mais au-delà de cet apprentissage très riche, cela a surtout été pour moi une découverte, un nouveau regard sur la vie : c’est donner un sens nouveau, c’est aborder chaque personne différemment, c’est avancer dans la vie avec une vision complètement renouvelée et surtout ne plus jamais être seule. Pour moi le baptême, la confirmation et la première communion ne sont pas une formalité pour devenir « officiellement » catholique, mais ces étapes ont marqué un changement profond et définitif dans ma vie. Je fais le choix de prendre un chemin différent : celui du Christ. Et ce chemin ne fait que commencer !
Nathalie
Bonjour,
C’est avec plaisir que je viens témoigner de mon expérience de catéchumène. Je m’appelle Nathalie, j’ai 60 ans et je vais être baptisée en avril prochain. Je viens d’une famille de tradition catholique, mais je n’ai pas été baptisée. La religion était une chose du passé. Elle ne faisait pas partie de notre vie en général. Ce que j’en ai appris venait de quelques souvenirs d’enfance de mes parents, de films (la série des Don Camillo).
Aucun intérêt particulier pour la religion, jusqu’en 2017, je découvre la chaîne KTO dont je deviens une fidèle téléspectatrice : j’apprécie la diversité et le contenu des émissions, mais surtout l’écoute et le respect de l’autre lors des débats. C’est une vraie bouffée d’air frais. Mon regard sur l’Église et les croyants commence à changer. En 2019, décès de ma petite sœur, et en 2022 celui de mon mari. À partir de 2021, je commence à assister à la messe de temps à autre, car j’y trouve la paix. Début 2023, Colette, une amie très chère, très active dans la paroisse (Biscarrosse, Landes), joyeuse, lumineuse et engagée dans le catéchuménat, m’invite au Parcours Alpha. Une expérience formidable, des amitiés nouées et surtout la découverte de la vie de paroisse, de l’Église réelle. Mon regard sur l’Église et les croyants change complètement.
Le Parcours Alpha est terminé, mais j’ai envie de continuer à apprendre, à découvrir la foi. J’hésite et puis je saute le pas : je frappe à la porte de Notre Dame de Vincennes. Je suis d’abord reçu par le père Ange, puis par le père Marc. Tous deux m’écoutent très attentivement et avec une grande bienveillance. Le père Marc me présente le programme de catéchuménat pour adulte : « Cheminement vers le baptême ». Je tique un peu, car je n’envisage pas encore de me faire baptiser, mais il me rassure : il n’y a pas d’obligation. Je rencontre ensuite les responsables du catéchuménat. Là encore, écoute et bienveillance. Ce sont ensuite trois années de cheminement vers la foi, ponctuées par les réunions mensuelles du catéchuménat et les rencontres avec Sophie, mon accompagnatrice de catéchuménat. Les réunions mensuelles, ce sont des moments de convivialité, un exposé, un temps de discussion sur l’Évangile du dimanche suivant, conclu par la méditation du père Marc qui est toujours présent, et pour finir un temps de prière. Les réunions mensuelles sont très importantes, mais les échanges avec Sophie, mon accompagnatrice, ont été primordiales. J’ai eu une chance immense de la rencontrer. Elle semble avoir été faite pour moi. Nos rencontres ont été des moments d’échanges, de discussion, tellement indispensables pour moi. C’est si important de pouvoir parler librement, en toute confiance et en toute simplicité de son cheminement au fur et à mesure qu’on le vit : les questions, les doutes, les incompréhensions, mais aussi les joies des avancées dans la foi. L’accompagnateur/trice n’est pas un théologien ou un spécialiste des écritures. C’est un paroissien qui témoigne de sa foi et qui prend le catéchumène par la main pour le guider et l’accompagner. C’est un grand frère ou une grande sœur en église. Il rend la foi vivante, simple et accessible. Des relations amicales se nouent au fil du temps. Sophie et moi avons d’ailleurs participé deux fois ensemble au pèlerinage paroissial à Lisieux.
Pour conclure, je voudrais dire à tous ceux qui hésiteraient à devenir accompagnateurs : n’ayez pas peur ! C’est simple et c’est chouette. Nous autres catéchumènes avons besoin de vous et nous ne vous mangerons pas. Venez, venez, nous vous attendons comme le Messie ! (et je ne suis pas payée par la paroisse pour dire cela, c’est un cri du cœur)
Laurent
Bonjour, je m’appelle Laurent et j’ai commencé mon cheminement vers le baptême au début du mois d’octobre 2024.
La question que l’on m’a le plus souvent posée lors de mon parcours catéchuménal est sans aucun doute celle relative à ma conversion. Pour y répondre de manière concise, je dirais que celle-ci résonne tout particulièrement avec la parabole du fils prodigue. J’ai longtemps cru ne pas avoir besoin de Dieu, ne pas avoir besoin des autres et être auto-suffisant. Il aura fallu faire face à des épreuves de la vie pour ressentir un grand vide intérieur et me mettre en quête de sens. C’est dans ce contexte que j’ai pu me rendre disponible à l’appel du Seigneur.
A l’approche du point d’orgue de mon initiation chrétienne je mesure le chemin parcouru. Ce parcours a été jalonné de nombreuses grâces reçues : des temps de partages, d’échanges fraternels et des amitiés nouvelles qui se sont nouées. Je l’ai vécu comme cette grande fête qui est décrite à la fin de la parabole (…) : “Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère … était perdu, et il est retrouvé !”
Le concile provincial pose la question de l’accueil des catéchumènes. Je peux témoigner de celui que j’ai reçu au sein de notre belle paroisse : de la part des prêtres, de mon accompagnateur et de l’équipe du catéchuménat. Je pense également à tous ceux que j’ai pu rencontrer dans les différents mouvements paroissiaux. Jeunes pros, parcours Alpha, marcheurs de Saint Joseph et le groupe de prière : autant de lieux où le Christ se fait présent et qui m’ont permis de me sentir porté.
Enfin, je voudrais vous confier nous autres catéchumènes à votre prière, afin que le Seigneur nous aide à discerner nos vocations au sein de l’Église.
Amen.
Guillaume
De l’Ombre à la Lumière : Le récit d’une « fracture heureuse »
Le 19 avril 2025 restera à jamais la date de ma seconde naissance. À 34 ans, j’ai franchi le seuil du baptême.
Ce qui restera gravé dans ma mémoire, c’est cette transition saisissante entre les ténèbres et la lumière, vécue au sens propre comme au figuré. Tandis que je m’avançais vers l’autel, l’église semblait s’éclairer par paliers, comme pour illustrer physiquement ce qui se jouait dans mon âme. Ce fut le point d’orgue d’un cheminement sinueux, marqué par une « fracture heureuse » : ce moment où le Christ laisse s’éloigner notre ancienne vie pour en faire jaillir une nouvelle.
Désormais, il y aura pour toujours un « avant » et un « après ».
L’avant : Le vide et le séisme
Mon « avant » prend racine dans mon Alsace natale. J’y ai vécu une enfance heureuse, au sein d’une famille de tradition catholique mais aux fondations déchristianisées. La foi y était un héritage culturel, mais pas un moteur de vie.
Puis, à 15 ans, le ciel s’est obscurci brutalement : mon père a choisi de se donner la mort.
À cet âge où l’on se construit, ce fut un séisme. Comment garder ses repères quand la figure paternelle s’efface ainsi ?
Je n’avais pas alors ces fondations solides — ces racines évangéliques — sur lesquelles je peux aujourd’hui m’appuyer à chaque seconde.
Dans cette errance, j’ai ressenti ce que beaucoup éprouvent dans notre société : cette tentative de nous imposer le règne de la surconsommation comme unique idéal de bonheur.
On essaie de combler le vide avec du « plein », nous détournant de ce manuel de vie universel qu’est l’Évangile, pourtant disponible « clé en main » depuis des siècles.
Le réveil : L’étreinte de la pierre et du feu ardent de la foi
Pourtant, au milieu de cette détresse, j’ai été attiré, presque inconsciemment, par le symbole de ma ville : la cathédrale de Strasbourg.
Un soir de profonde tristesse, en franchissant son porche, je me suis senti littéralement enlacé par une présence surnaturelle. Ce n’était pas une simple émotion, mais un réconfort puissant qui marquait le début de ma conversion.
Avant cela, j’étais un adolescent égaré dans un monde dont je ne comprenais ni les codes ni le but. Comme l’avait si bien exprimé mon parrain — dont le témoignage m’a tant inspiré — ce manque de sens sans Dieu ôte jusqu’à l’envie de vivre pleinement.
Mais une fois que le « Bien-aimé » a posé son doigt sur mon front, tout a changé. Un feu ardent s’est allumé en moi.
Cette force nouvelle m’a permis de puiser dans des ressources insoupçonnées : j’ai réussi mes études et je suis devenu avocat, alors que je n’avais pourtant « pas une paire d’as en main » au début de la partie.
La grâce a transformé le manque de chances en une réussite portée par la foi.
L’après : Dieu comble nos failles de Son amour
Aujourd’hui, je rends grâce à Dieu en toutes circonstances. Dans les moments de doute, Il est mon bouclier.
Je fais mienne cette pensée de sainte Thérèse d’Avila : « Que rien ne te trouble, que rien ne t’épouvante, tout passe. Dieu ne change pas, la patience obtient tout. Celui qui possède Dieu ne manque de rien : Dieu seul suffit. »
Cette foi a transformé ma vision du monde. Le matin au lever et le soir au coucher, je remercie le Seigneur pour Ses bienfaits. Il a apaisé mes questions existentielles et m’a permis de passer d’un état mélancolique à cet état propre à ceux qui se relèvent : la capacité de savourer chaque minute du don sacré de la Création.
Je vois mon parcours à l’image du Kintsugi, cet art japonais qui consiste à réparer les porcelaines brisées avec de la laque saupoudrée d’or. Plutôt que de cacher les fêlures, on les magnifie. Le Christ a fait de même avec mes blessures : Il est venu combler les failles de ma vie de Son amour, rendant l’objet réparé plus précieux et plus résistant qu’il ne l’était avant la cassure.
Pour conclure, je ne peux que répéter ce qui est devenu ma boussole : celui qui possède Dieu ne manque de rien. Merci, Seigneur, pour tout ce que Tu fais.