Troisième dimanche de Carême – C Premier scrutin – samedi 7 mars 2026

Jean 4, 5-26.39-42
En ce temps-là, Jésus arriva à une ville de Samarie, appelée Sykar, près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph. Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source. C’était la sixième heure, environ midi. Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. » En effet, ses disciples étaient partis à la ville pour acheter des provisions. La Samaritaine lui dit : « Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? » En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains. Jésus lui répondit : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. » Elle lui dit : « Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond. D’où as-tu donc cette eau vive ? Serais-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? » Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. » La femme lui dit : « Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif, et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. Jésus lui dit : « Va, appelle ton mari, et reviens. » La femme répliqua : « Je n’ai pas de mari. » Jésus reprit : « Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari : des maris, tu en a eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; là, tu dis vrai. » La femme lui dit : Je vois que tu es un prophète !… Eh bien ! Nos pères ont adoré sur la montagne qui est là, et vous, les Juifs, vous dites que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. » Jésus lui dit : « Femme, crois-moi : l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père. Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. » La femme lui dit : « Je sais qu’il vient, le Messie, celui qu’on appelle Christ. Quand il viendra, c’est lui qui nous fera connaître toutes choses. » Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle. » Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus à cause de la parole de la femme qui rendait ce témoignage : « Il m’a dit tout ce que j’ai fait. » Lorsqu’ils arrivèrent auprès de lui, ils l’invitèrent à demeurer chez eux. Il y demeura deux jours. Ils furent encore beaucoup plus nombreux à croire à cause de sa parole à lui, et ils disaient à la femme : « Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons : nous-mêmes, nous l’avons entendu, et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde. »


Chers Frères et Sœurs, chers Antoine, Athéna, Céline, Charlotte, Chloé, Elena, Émilie, Hélène, Josuha, Julien, Khadi, Laurent, Lucas, Marine, Nathalie, Nicolas, Pablo, Pich, Roxane et Roxane, Rudy, Sarah et Tristan, chers Catéchumènes, vous qui vivez aujourd’hui votre premier scrutin,

L’Évangile de la Samaritaine propose à qui l’écoute et qui l’entend, un chemin de conversion. C’est le vôtre. L’Église vous présente aujourd’hui au Seigneur pour qu’il vous scrute, qu’il vous regarde, qu’il vous parle, et fasse jaillir en vous une source d’eau vive.
Le Seigneur rejoint chacun de vous là où que vous vous trouviez.
Jésus arrive au puits de Jacob, fatigué et assoiffé. Lui le Seigneur, Lui Dieu fait homme, il connaît la fatigue et la soif. Il demande. Étonnons-nous, le Fils de Dieu demande à la femme. Il dit : Donne moi à boire. Saint Augustin commente : Celui qui demandait à boire avait soif, soif de la foi de cette femme. Jésus n’est pas d’abord venu chercher de l’eau ; il cherche un cœur. Aujourd’hui, chers Amis catéchumènes, Jésus vient chercher le vôtre. Il n’exige pas, ne corrige pas, ne juge pas. Il demande. Il suscite, il rencontre.
Vite, Jésus élargit la conversation : Si tu savais le don de Dieu. L’eau vive, voilà le don que nous ne demanderons jamais assez. La conversion commence ici : découvrir un don que nous n’attendions pas, que nous ne méritons pas.
Pas une obligation, ni un poids. Un don. Le don de Dieu.
Augustin dit encore : Le Seigneur promet de nous désaltérer au-dedans, désaltérer notre cœur. L’eau qu’il donne devient en nous une source jaillissante. L’eau vive, qu’est-ce que c’est ? sinon la vie même de Dieu, vie donnée sans mesure. Vous, chers catéchumènes, vous la recevrez bientôt, dans le baptême. Déjà aujourd’hui, Jésus vous le dit : Laisse-moi te donner ce que toi-même tu ne peux pas te donner, et que tu n’oses pas même demander.
La vérité nous libère. Pour que jaillisse la source, Jésus conduit la Samaritaine jusqu’à la vérité : Va, lui dit-il, appelle ton mari. Non pas pour l’embrouiller, mais pour la libérer. Elle lui dit : Je n’ai pas de mari. Jésus révèle ce qu’elle porte depuis longtemps, non pour l’écraser, mais pour l’ouvrir à une vie nouvelle. Elle ouvre son cœur, et la source jaillit.
Voilà les scrutins : un passage en vérité, une ouverture du cœur pour que le Seigneur chasse ce qui est obscur et fasse entrer sa lumière.
Jésus annonce encore un culte nouveau, un nouveau lien avec Dieu : Les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité. Il n’est plus question d’un lieu, mais du cœur. Pas un culte extérieur, mais un vivant amour. Chers Catéchumènes, préparez-vous à vivre de cet amour, à devenir ces adorateurs. Le baptême vous donnera un cœur nouveau, habité par la soif d’adorer.
La femme laisse sa cruche et partage sa joie. Elle abandonne ce qui représentait sa quête, ses efforts, son passé. Elle court annoncer Jésus. Elle laisse sa cruche ; elle laisse derrière elle ce qui appartenait à son ancienne vie. Quand on rencontre le Seigneur, quelque chose se passe. Quelque chose se dépose. Une joie nouvelle presse à témoigner. Les habitants de Sykar viennent, ils écoutent, ils croient. Ils disent : Nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde.
Chers Amis, vous qui vivez aujourd’hui ce scrutin, comme la Samaritaine, le Seigneur vous regarde de toute sa tendresse.
Comme elle, il vous appelle à le laisser, lui, le Seigneur, entrer dans votre vraie vie.
Comme elle, vous recevrez l’eau vive qui ne tarit jamais.
Comme elle, vous deviendrez des témoins.
Aujourd’hui, Jésus vous parle. Il vous dit : Si tu savais le don de Dieu.
Laisse-le Seigneur te donner ce don.
Laisse-le jaillir en toi comme une source.
Que ce scrutin libère en toi ce qui doit l’être.
Qu’il t’ouvre à la joie d’être choisi, relevé ; d’être aimé.
Qu’il te fasse monter vers Pâques.
Et vous direz avec toute l’Église :
Seigneur, donne-moi de cette eau.

Amen
Père Marc.