Vigile pascale 4 avril 2026

Luc 24, 1-12

Le premier jour de la semaine, à la pointe de l’aurore, les femmes se rendirent au tombeau, portant les aromates qu’elles avaient préparés. Elles trouvèrent la pierre roulée sur le côté du tombeau. Elles entrèrent, mais ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus. Alors qu’elles étaient désemparées, voici que deux hommes se tinrent devant elles en habit éblouissant. Saisies de crainte, elles gardaient leur visage incliné vers le sol. Ils leur dirent : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? Il n’est pas ici, il est ressuscité. Rappelez-vous ce qu’il vous a dit quand il était encore en Galilée : ‘Il faut que le Fils de l’homme soit livré aux mains des pécheurs, qu’il soit crucifié et que, le troisième jour, il ressuscite.’ » Alors elles se rappelèrent les paroles qu’il avait dites. Revenues du tombeau, elles rapportèrent tout cela aux Onze et à tous les autres. C’étaient Marie Madeleine, Jeanne, et Marie mère de Jacques ; les autres femmes qui les accompagnaient disaient la même chose aux Apôtres. Mais ces propos leur semblèrent délirants, et ils ne les croyaient pas. Alors Pierre se leva et courut au tombeau ; mais en se penchant, il vit les linges, et eux seuls. Il s’en retourna chez lui, tout étonné de ce qui était arrivé.


Baptême d’Antoine, Athéna, Céline, Charlotte, Chloé, Élena, Émilie, Hélène, Josuha, Julien, Khadi, Laurent, Lucas, Marine, Nathalie, Nicolas, Pablo, Pich, Roxane et Roxane, Sarah et Tristan

Frères et Sœurs bien-aimés,

Nuit plus belle que toutes les nuits. Nuit où, au cœur des ténèbres, une lumière se lève. Nuit où l’espérance qui semblait étouffée jaillit en un feu ardent. Le tombeau est vide. La vie s’ouvre, immense, invincible. L’Évangile nous emmène à la pointe de l’aurore, là où nuit et jour se rencontrent. Jésus est mort. Tout semble perdu. Des femmes, fidèles à l’amour, s’avancent vers le tombeau. Elles portent des aromates pour un mort. Elles découvrent le Vivant.
Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? Il n’est pas ici, il est ressuscité. Parole d’ange qui nous rejoint, nous qui sommes venus écouter, attendre, espérer. Les femmes viennent avec leurs gestes d’amour, leur cœur blessé. Elles trouvent un vide, non du désespoir, mais d’un tombeau déjà transfiguré, première annonce de la Résurrection. Retournement, ce que les femmes croyaient être la fin devient commencement. Elles venaient pleurer. Elles repartent annoncer. La peur devient parole ; les larmes, allégresse. La Résurrection travaille leurs vies.
Ce retournement, chers Antoine, Athéna, Céline, Charlotte, Chloé, Elena, Émilie, Hélène, Joshua, Julien, Khadi, Laurent, Lucas, Marine, Nathalie, Nicolas, Pablo, Pich, Roxane et Roxane, Sarah et Tristan, est celui de votre vie ce soir. Ce qui vient en vous par le baptême est le même passage, même basculement de la nuit vers la lumière.
Vous entrez dans la vie du Ressuscité. Saint Jean Chrysostome dit : Que nul ne se lamente de sa pauvreté : le Royaume s’est révélé à tous. Que nul ne pleure ses fautes : le pardon s’est levé du tombeau. La mort a été anéantie, le Christ est ressuscité, les démons sont tombés. Cette nuit, tout est neuf. La mort n’a plus le dernier mot. Ni le mal la victoire. Vos noms, ce soir, s’inscrivent dans le cœur de Dieu. La foi, c’est le regard d’amour qui découvre le Christ vivant dans ce qui, d’abord, paraît inanimé, disait une habitante d’Ivry-sur-Seine, habitée par l’Évangile.
Croire en la Résurrection, voir la vie où tout semble mort, découvrir la présence de Dieu là où nous n’avions vu qu’absence. Le tombeau du matin de Pâques est une porte entrouverte sur chacune de nos vies. Cherchons le Vivant, pas dans nos nostalgies, mais au cœur du présent, où souffle ce qui recommence. Croyons qu’aucune nuit n’est trop sombre pour que la lumière du Christ n’y pénètre. Croyons qu’en chacun, chacune, le Seigneur murmure une promesse de vie plus forte que toute mort.
Les femmes ne gardent pas pour elles la joie de la Résurrection. Elles courent l’annoncer et deviennent les premières missionnaires. Sans preuve ni discours, mais d’un cœur brûlant, elles ont vu, elles ont cru. Cela suffit. Vous aussi, aujourd’hui, devenez témoins. Le baptême ne vous retire pas du monde. Il vous y envoie. Cherchez et servez le Christ Vivant dans vos études, vos familles, vos relations, vos faiblesses. Le Seigneur prend possession de vous pour vous livrer à vous-mêmes. Il vous donne la liberté d’aimer comme Lui, d’être vous, illuminés de Sa présence.
La Résurrection n’est pas un événement du passé. Elle irrigue le monde comme une sève. Nous la voyons en chaque geste d’amour plus fort que la haine, chaque pardon recréant du lien, chaque regard qui relève un autre. En chaque baptême célébré ce soir, ce mystère prend chair.
Chers baptisés : le Seigneur inscrit en vous sa propre vie. Désormais, portez au monde la lumière de Pâques. Pas une idée, une présence.
Pierre se leva et courut au tombeau ; il vit les linges, et eux seuls ; il s’en retourna chez lui, tout étonné de ce qui était arrivé. L’étonnement, première forme de la foi. Croire, ce n’est pas tout comprendre, mais se laisser saisir, se tenir dans la joyeuse stupeur d’un amour plus grand que nous. Que chacun entre en cet éblouissement. Que le cierge pascal éclaire nos ombres. Que la foi des nouveaux baptisés ranime la nôtre. Que cette nuit, à la pointe de notre aurore, nous entendions la voix qui dit : Pourquoi cherches-tu le Vivant parmi les morts ? Il n’est pas ici, il est ressuscité.
Dans la joie du Ressuscité, entrons dans la lumière.
Que nos vies unies à la vie des nouveaux baptisés, deviennent Évangile vivant de Celui qui fait toutes choses nouvelles.

Alléluia.

Père Marc.